Ouvrir un Espace de liberté


L'élément Espace est en Ayurvéda le cinquième et dernier élément à constituer le vivant. Et probablement le plus subtil à comprendre et à intégrer dans son écologie personnelle.



L'élément Espace est le cinquième élément de l'Ayurveda et probablement le plus délicat à définir. Précisons tout d'abord que les quatre premiers éléments, la terre, l'eau, le feu et l'air sont contenus par le cinquième élément, l'Espace, nommé parfois Ether ou Akasha. L'Espace, c'est un peu comme le noir profond du cosmos où évoluent les planètes, elles-même composées des quatre éléments.

L'espace contient toute la matière. Qui ne représente pourtant que 5% du vivant !

L'espace est donc le 95% restant, qui contient et accueille toutes les informations, toutes autres les possibilités de manifestations, toutes les potentialités, toutes les incarnations en puissance. Cette "matière noire" est enfin ce que l'on nomme de plus en plus couramment le champ des possibles.



A un niveau d'intégration personnelle et selon les textes ayurvédiques, c'est l'élément Espace qui permet aux êtres humains de se connecter à tout ce qui est infini, à l'invisible, à ce qui est encore irréalisé. Cet élément s'exprime comme un profond besoin d'aller vers le dedans, d'entrer en soi, dans un mouvement intérieur. Cette énergie peut ainsi créer une étrange sensation d'incapacité à agir ni à se mouvoir. Comme une invitation à diriger son énergie sur l'observation, cet élément appelle à devenir le contenant.

Se relier consciemment à son Espace, c'est se positionner de manière engagée dans sa bulle spatio-temporelle d'introspection. Une bulle dans laquelle se retrouve d'ailleurs naturellement chaque femme pendant le temps de ses lunes.


Quelques signes concrets pour reconnaître l'expression de l'élément Espace dans son quotidien ? Je me cogne partout, j'ai l'impression que ma tête et mon corps ne sont pas raccordés, mes rêves sont particulièrement vivaces, je suis assaillie de pensées noires qui ne sont pas vraiment les miennes, ou encore je vais ressentir le besoin de mettre du sacré dans mon quotidien, de ritualiser mes gestes.

Si l'élément est équilibré, je vais me sentir bien dans ma petite bulle, dans mon monde intérieur. Et si je me sens figée, comme coincée dans la matière, c'est sans doute parce que je manque d'espace et que mon cinquième chakra tourne trop lentement. Je peux être prise d'un besoin de remplir mon agenda, de tout rationaliser, de tout contrôler, et ressentir des troubles de la voix et de la gorge. Laryngite, extinction de voix, angine, trouble ORL...

Et si au contraire j'ai la tête dans les nuages, qu'il m'est particulièrement difficile de m'ancrer dans la réalité ? C'est sans doute parce que je suis trop dans l'Espace ! Je manque d’enracinement, et j'aurais par exemple du mal à amener un projet dans la matière, à gérer l'argent et tous les aspects matériels du quotidien.


1ère semaine, accueillir l'Espace dans mon corps physique et ouvrir la porte de la gorge


Pleine Lune vue depuis la palmeraie de Candolim, Goa. By Lunabee

En cette première semaine de conscientisation de l'Espace dans mon corps, le yoga de l'Espace créé par Nathalie Geetha Babouraj* fait bien sûr la part belle au souffle et aux sons. Mon petit côté apicole se réjouit de la respiration de l'abeille proposée par Doc Laluna: inspirer le nectar de l'oxygène et expirer en vibrant. Cette respiration traverse mon corps en s'infiltrant dans tous ses espaces et interstices, entre mes cellules, mes neurones, entre tous les rayons de mon organisme.

Mon majeur vient rencontrer mon pouce pour créer un cercle: le mudra de l'Espace, et mes trois autres doigts se rassemblent pour symboliser une trinité: les êtres vivants, la planète et moi, réunis dans la même énergie du cœur. Cocréation de l'univers, mouvement de flux et de reflux, création continue de la réalité représentée par le cercle sans début ni fin, le cycle, l'alternance éternelle de vie/mort/vie, le flux d'énergie continu.

Vient la répétition du mantra du cinquième chakra: Ham. Ressentir l'espace autour de ma gorge, accueillir ma vibration unique et me connecter à la terre. Percevoir la couleur bleue des profondeurs sous-marines et des lointaines galaxies, apporter ma couleur singulière à ce tableau cosmique.


Inhale, create space.... Exhale, enjoy space.



2ème semaine, éclosion de ma vérité depuis mes énergies et mes émotions

Oléation matinale à l'huile de sésame.

Au niveau physiologique, cette semaine est mise sous le signe de différentes détoxs pour nettoyer mon corps énergétique. Oléation avec le nettoyage matinal de la bouche et de la gorge par des gargarismes à l'huile de sésame; monodiète de lentilles à partir du Pongal, une recette traditionnelle du sud de l’Inde permettant d'alléger la digestion et de régénérer l'organisme; purification de la peau avec un nettoyage profond du visage et du cou grâce à un masque de beauté à partir de farine de pois chiches. Et enfin, repos de l'organe de la phonation, la voix, et accueil du silence lors d'une journée de Vipassana.


Au niveau émotionnel, un nettoyage ayurvédique en sept étapes permet de nettoyer les souvenirs douloureux non évacués, issus de l'émotion reliée à la gorge et à l'Espace: le dégoût.

Le dégoût est ce que l'on ressent après voir vécu une situation injuste, qui nous a indignée ou révulsée. Témoin ou victime de violence extrême ou ordinaire, de racisme, de sexisme, de corruption, d'abus en tous genres... les exemples sont malheureusement assez nombreux et on a plus ou moins de facilité à les "digérer". Mais en y réfléchissant un peu comme m'y invite Nathalie, c'est souvent de ce dégoût que sont nées mes prises de conscience les plus puissantes. Elles m'ont permis de reconnaître ensuite mes "no go", mes limites infranchissables et seuils de tolérance zéro. A l'autre bout du spectre sont apparues toutes les expériences et situations qui m'ont apporté de vrais bonheurs et une joie profonde, un bonheur palpable: la communication authentique et non violente, la présence et l'amour désintéressés, et la sororité entre femmes.

Des expériences de dégoût ont aussi fait apparaître par contraste des besoins qui m'ont permis de faire des choix de vie importants, comme quelles relations entretenir et quelles relations terminer. C'est d'ailleurs bien la leçon du chakra de la gorge qui enseigne à conscientiser ses goûts pour faire des choix plus alignés avec ses besoins, ses désirs, ses actions, ses émotions.


“Entre le stimulus et la réponse, il existe un espace. Dans cet espace réside notre puissance à choisir notre réponse. Dans cette réponse se trouvent notre épanouissement et notre liberté.” Viktor Frankl Photo by DocLaluna

Cet allègement et ce nettoyage me permettent de mettre au point ma Boussole des Choix.

Je m’assois en silence pour accueillir les émotions inconfortables qui ont bloqué en moi la circulation de l'élément Espace et qui ont pu censuré ma voix, ma vérité, parfois depuis de longues années.

En analysant tous les éléments qui influencent mes choix, je peux à présent preuve de maturité, de discernement et je l'espère de plus de sagesse pour aligner ma vie sur mes valeurs conscientes.


Selon Nathalie, le choix juste est un choix aligné, c'est-à-dire fait de manière consciente, et non pas de manière automatique et inconsciente. Ainsi le résultat décevant d'un choix ne peut pas se réduire à être étiqueté "un mauvais choix", mais bien plutôt une expérience dont il est possible de tirer des informations, une expérience qui va faire me permettre de mieux connaître le fonctionnement de ma boussole intérieure et me permettre de (ré)aligner mes actions à venir. Pour être honnête, originale, me sentir libre de parler, d'être et d'agir. D'autant qu'une expérience de prime abord négative, ou plutôt douloureuse, va parfois apporter son lot de surprises et de cadeaux inattendus.



3ème semaine pour créer de l'espace dans mon esprit


Sur la base de cette conscience accrue de ma liberté et de ma singularité, la méditation de l'Espace et le Yoga nidra ouvrent la porte d'un état contemplatif qui créent une impression de totale ouverture sur le monde, d'être même un peu la tête dans les nuages.

Depuis une plage goanaise dans le Sud de l'Inde où je peux vivre pleinement ce cycle, j'ai enlevé ma montre et dormi satiété, rêvant comme jamais.

Les journées au bord de l'océan passent en un instant, et, le regard posé sur la ligne bleue séparant le ciel de la Mer d'Arabie, s'ouvre la porte d'une rencontre intérieure. Les nuages de mes pensées troublent à peine mon espace mental devenu immense. Je m'ouvre à toutes les possibilités. J'observe le calme de cet épanouissement silencieux. Je relâche les conditionnements et les expériences du passé, j'accueille le vide, je sens que je peux à présent changer de posture intérieure et accueillir le nouveau, m'enrichir de nouvelles expériences, me recréer.

Les moments de silence entre le flux et le reflux des vagues deviennent plus importants que les bruits du mouvement. SoHam.





Une 4ème semaine dans l'Espace pour vivre le chaos et la fin d'un cycle


Qu'est-ce qu'un cycle ? Tout cycle complet comprend quatre étapes: la naissance, la vie, la mort et la renaissance. Or, la fin du cycle, ou la fin de vie, constitue souvent un tabou dans le monde moderne occidental. La mort est pourtant une étape nécessaire à l'éclosion de tout être vivant et de tout projet. La femme porte cette dynamique en elle en vivant 12 ou 13 cycles par année entre sa puberté et sa ménopause.

En effet, cette mort de l’ancien correspond dans le cycle hormonal féminin au moment des règles. Comme les pétales d'une fleur, les tissus produits pour accueillir la vie se détachent et tombent.

Et pendant ce temps où plus aucune hormone sexuelle n'est produite, aucun interface avec l'environnement extérieur n'existe au niveau physiologique non plus. Sans filtre, sans barrière, la femme devient une antenne hypersensible, une éponge hyper connectée au monde, visible comme invisible. Elle entre ainsi de plein pied dans l'élément Espace.

Pour l'accompagner sur ce chemin de profondeur, une figure archétypale de la culture hindoue constitue une abondante source d'inspiration: Kâli, la noire, la femme de puissance. Probablement la figure la plus terrifiante du panthéon indien, la déesse Kâli est l'équivalent de la sorcière dans la culture occidentale. Représentation de Devi, la déesse-mère, elle est la vengeresse destinée à "terrifier la terreur" avec sa bouche ouverte aux canines protubérantes, tirant la langue, les yeux écarquillés, épée au poing et parée de guirlandes de crânes.


L'histoire veut que les dieux firent appel à elle car ils ne parvenaient pas à vaincre le démon Raktabija, dont chaque goutte de sangi tombant au sol donnait naissance à un nouveau démon. Mais le démon était si puissant que même la déesse Durga ne put en venir à bout, aussi elle prit la forme de Kâli. Elle se servit de sa langue pour empêcher le sang du démon de couler mais ce faisant elle s'empoisonna et devint folle. Après avoir détruit tous ses ennemis sur le champ de bataille, elle commença une danse où elle laissa éclater sa joie d'avoir remporté la victoire, une danse si puissante qu'elle mit en péril l'équilibre du monde. Son époux Shiva se coucha alors sous ses pieds pour que le choc de ses pieds soit amorti par son propre corps. Et quand Kâli marcha sur son bien-aimé, elle comprit alors son emportement et arrêta sa danse destructrice. A méditer également pour regagner l'équilibre de son couple sacré intérieur à la fin de ses lunes !

Kâli la noire représente la puissance de destruction et celle du temps qui désintègre tout. Enfin, lorsque tout est détruit, la vraie nature de la nuit profonde révèle une connaissance et une joie immenses: la vie et la mort sont inséparables, l'une ne va pas sans l'autre. Les 51 têtes que Kâli porte autour de son cou, et qui furent des centres de vie, représentent aussi les lettres de l'alphabet sanskrit pour symboliser le puits de la connaissance. Ainsi en dépit de sa forme apparemment terrifiante, elle est souvent considérée comme la plus douce, la plus aimante de toutes les déesses hindoues car elle est la mère de l'univers entier. Et son aspect terrible agit comme une puissante protection pour ceux et celles qui la convoquent.


La femme dans son Espace, dans la puissance de son temps de lunes ou de ménopause est Kali. Une soif de liberté absolue, son besoin de connexion et de fusion totales, son intuition et sa nature profonde la guident, sans la laisser répondre aux diktats du temps linéaire ni à l'agenda imposé par le monde extérieur.

Et pour observer ce plaisir organique et sensoriel d'être en vie, alchimiser les quatre éléments et plonger dans un espace de liberté sans attendre ses lunes, et surtout si on ne les a plus, rien de tel que la danse et la musique ! Danse des 5 rythmes, danse médecine, suivre son rythme et faire bouger intuitivement son corps connecte royalement à sa Kali...



C'est tout le bien que je vous souhaite ! Ainsi qu'une belle entrée dans le printemps prochain, et je vous dis au mois prochain pour parler d'Intuition...


Bizz

@deborah_lunabee






Source: Le programme digital "Devenir l'artiste de sa santé en 9 lunes" a été créé par Nathalie Geetha Babouraj alias DocLaluna pour accompagner les femmes qui changent le monde. @doclaluna

https://institutdesanteintegrative.com/online-sexysmartspirituelles-lesvideos/


Ressources:

Take a Hatha Yoga Class with Bala if you got the chance to pass by Auroville someday.

https://www.joyauroville.org/activities/

Pour acheter tous les produits d'épicerie indienne afin de préparer le Pongal, trouver une bonne huile de sésame, des cosmétiques ayurvédiques ou des autocollants kitshouilles, dirigez vos pas dans le 10ème arrondissement parisien, et rendez-vous rue du Cail et boulevard de la Chapelle et découvrez des dizaines de petits commerces indiens.

Détails sur Kali la déesse noire: https://mythologica.fr/hindou/kali.htm

Pour trouver votre cours de Danse des 5 rythmes à travers la France: https://www.5rhythms.com/who-we-are/teacher-communities/europe/france/

Lunabee

COM' UN SUPPLÉMENT D'ÂME

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